La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Couverture médiatique en Haïti

Contexte :

Le tremblement de terre en Haïti a provoqué une onde de choc dans les salles de nouvelles. Les journalistes ont été déployés dans les décombres plus rapidement que l’aide internationale.

Les médias sont essentiels pour relater les évènements. Et les expliquer à un public pour qui une image vaut mille mots. Mais la machine médiatique peut aussi dériver vers le sensationnalisme et le voyeurisme.

Haïti est-il soumis à une hypermédiatisation?

Date de l'émission :

22 janvier 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• Le récent séisme qui s’est produit en Haïti pose de véritables défis pour les médias.

• Les journalistes sont nombreux à couvrir l’événement et, bien que leur présence soit essentielle lors d’un tel drame, plusieurs leur reprochent d’être trop nombreux, nuisant ainsi à l’organisation des secours.

• Faut-il revoir nos pratiques journalistiques? Devrait-il y avoir un pool restreint de journalistes accrédités qui diffusent l’information à tous les pays?

DU POUR, DU CONTRE

POUR
- Le devoir premier des journalistes est d’être présent pour rapporter les faits, informer de la situation et sensibiliser aux besoins des populations locales.

- Les médias de partout ont mis à contribution leurs ressources pour redonner aux Haïtiens leurs tribunes.

- Il ne faut pas croire que les journalistes dépêchés sur place travaillent sans éthique et sans scrupule. Ils récoltent l’information, la traite, la filtre, l’analyse pour accélérer l’urgence d’agir.

- Ce ne sont pas les journalistes qui peuvent rétablir l’ordre, mais la multiplication de leurs témoignages à travers le monde peut néanmoins permettre la mobilisation des forces nécessaires : vivres, médecins, mais aussi gardiens de paix, psychologues, etc.

CONTRE
- Nous n’avons pas besoin d’autant de journalistes pour raconter la même histoire.

- C’est l’époque de la dictature du direct, de l’information spectacle où la diffusion rapide de l’information ne laisse plus de place à l’analyse et à la réflexion.

- Submergés par tant d’horreur, n’y a-t-il pas un risque de sombrer dans le cynisme ou l’indifférence causés par le trop-plein et l’impuissance dont nous sommes victimes?

- L’aéroport, touché par le séisme, ne compte qu’une voie d’atterrissage ce qui crée beaucoup de congestion aérienne au dessus de Port-au-Prince. Dans un tel contexte, on doit privilégier la venue d’avion transportant une aide concrète : médecins, vivres, équipement médical avant de favoriser l’atterrissage de troupeaux de journalistes.

SAVIEZ-VOUS QUE?

• Le séisme survenu en Haïti le mardi 12 janvier est la nouvelle la plus citée dans les médias québécois sur une période de sept jours depuis 2001, avec un poids médias de 21,83 %.

• En 2001, les attentats du 11 septembre avaient généré un poids médias de 21,11 %. L'investiture de Barack Obama, en 2009, un poids médias de 18,97 %. Les élections québécoises de 2007, 16,48 % et les débuts de la guerre en Irak en 2003 15,45 %.

• Pour la semaine du 12 au 18 janvier, le séisme en Haïti est l'événement le plus cité dans les médias québécois. La nouvelle a créé une éclipse médiatique. Le lendemain du drame entre 9 h à 14 h, 61 % des nouvelles québécoises portaient sur la tragédie. (source : Influence Communication)