La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Les syndicats, des vaches sacrées?

Contexte :

Dans une lettre ouverte, le président de Quebecor, Pierre-Karl Péladeau, a dénoncé le syndicalisme québécois qui nuirait à nos entreprises.

Avec près de 40% de travailleurs syndiqués, le Québec est une société distincte pour les relations de travail. Gras durs pour les uns, forces progressistes pour les autres, les syndiqués font jaser en permanence.

Y a-t-il un fond de vérité dans les critiques envers les syndicats?

Date de l'émission :

29 janvier 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• Le taux de syndicalisation au Québec est le plus élevé en Amérique du Nord.

• Les travailleurs québécois jouissent ainsi de privilèges nombreux et représentent une force économique non négligeable. Une puissance mobilisatrice qu’a vertement critiquée Pierre Karl Péladeau dans une lettre publiée dans le Journal de Québec.

• S’il est vrai qu’au fil des ans, les organisations syndicales ont procuré des gains importants à leurs travailleurs, on peut néanmoins remettre en question leur pertinence aujourd’hui dans un contexte de mondialisation, de compétitivité grandissante et de crise économique où tous sont amenés à se serrer la ceinture.

DU POUR, DU CONTRE

OUI
- Le monde du travail a changé. Les jeunes sont moins fidèles à leurs employeurs. Avec la mobilité professionnelle, le syndicalisme apparaît comme un concept dépassé.

- Les syndicats nuisent au développement économique du Québec. Les entreprises qui doivent payer de gros salaires sont alors moins tentées d'engager des travailleurs et cherchent plutôt à les remplacer par des machines.

- Les syndicats d’aujourd’hui demandent le beurre et l’argent du beurre.

- Les principes d’ancienneté et de permanence collés à la notion de syndicalisation des travailleurs ne cadrent plus avec la réalité actuelle.

NON
- Les demandes syndicales assurent la hausse des conditions de travail pour tous même pour les non-syndiqués.

- En période de crise économique, le syndicat prend tout son sens en évitant ainsi les mises à pied massives et arbitraires.

- Il est possible de « revamper » le syndicalisme comme l’ont fait les Danois qui privilégient le dialogue, ne croient pas à la permanence et soutiennent la mondialisation tout en assurant le transfert des employés en cas de licenciement.

- Nous vivons dans une société qui privilégie de plus en plus l’individu au détriment de la collectivité; c’est important de conserver ce qui nous reste de solidarité sociale.

ILS ONT DIT

« Le mouvement syndical s'est toujours présenté comme le protecteur du travailleur. Et historiquement, dans bien des cas, il l'a été. Mais ce n'est plus le cas, et surtout pas au Québec. Le syndicalisme québécois est devenu une entreprise à but lucratif dont le principal objectif est d'augmenter ses revenus de façon à augmenter le pouvoir de ses dirigeants. On se préoccupe très peu du sort des gens ordinaires. »
Bernard Mooney, journal Les Affaires.

« Depuis une vingtaine d’années, les syndicats jouent un rôle plus défensif, ils essaient de protéger les acquis, protéger les emplois. Avec la crise qui nous touche et qui risque de perdurer, nous avons besoin de syndicats forts pour que les gens ne perdent pas massivement leurs emplois et qu’ils puissent garder un certain niveau de vie. »
Michel Grant, retraité de sa carrière d’enseignant en relations de travail à l’UQAM.