La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

HD

Sujets

Dossiers complets

Les jeunes et la culture classique

Contexte :

Les habitudes culturelles des Québécois viennent d’être scrutées à la loupe. Une étude révèle que les jeunes et leurs aînés n’applaudissent pas aux mêmes spectacles.

Opéra, théâtre et musique classique branchent toujours les plus âgés. Si le grand répertoire intéresse moins la jeune génération, on ne peut pas affirmer que les jeunes sont incultes pour autant.

Devrait-on forcer les jeunes à consommer la culture dite classique?

Date de l'émission :

19 février 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• Tous les cinq ans, le Ministère de la Culture mène une enquête pour prendre le pouls des Québécois en matière d’habitudes culturelles. Depuis le 5 février dernier, la toute dernière étude est en ligne. L’exercice permet d’observer l’évolution du public des arts de la scène de 1979 à 2004.

• Celle-ci démontre que nos mœurs culturelles changent et illustre notamment que le public des arts classiques est vieillissant. L’étude nous apprend ainsi que peu de jeunes ont une fréquentation culturelle institutionnelle. Le jeune public a des goûts éclatés qui ne correspondent pas aux habitudes de leurs aînés.

• Or, le gros de la tarte budgétaire sert à financer les arts classiques.

DU POUR, DU CONTRE

POUR UN RETOUR AUX ARTS CLASSIQUES
- Il est démontré que les expériences culturelles et l’exposition à la culture amènent les jeunes à apprivoiser et à adopter les activités culturelles. Il faut donc les initier à l’art classique.

- Pour apprécier l’art à sa juste valeur et pour avoir la curiosité de découvrir différentes formes d’art, il est essentiel de connaître ses classiques.

- L’école et les parents ont le devoir d’initier les jeunes à tout ce que la culture populaire n’offre pas.

- Exit la paresse culturelle. Initions les jeunes à la culture classique et à tout ce vers quoi ils n’iront pas spontanément.

- Au Québec, nous sommes les rois de la valorisation de « l’inculture ».

POUR UNE CULTURE ÉCLECTIQUE
- Depuis les années 90, l’offre culturelle a explosé. Les spectacles sont aussi nombreux que différents. Plus que jamais, les frontières artistiques tombent. Difficile donc de séparer le classique de ce qui ne l’est pas.

- C’est un vrai défi que celui d’arrimer des publics aussi différents que les retraités et les jeunes étudiants, mais cela n’augure que du bon, car il permet à l’art classique de se redéfinir et de se renouveler.

- Il est important de financer les arts émergents au même titre que les arts classiques.

- De grands artistes de la musique classique tels Nagano et Nezet-Séguin réussissent où d’autres ont échoué en rajeunissant les adeptes de musique classique.

- Pour parer au décrochage culturel des jeunes en ce qui a trait aux œuvres de nature classique, peut-être faut-il avant tout leur permettre de voir et de « consommer » du classique au prix du populaire.

SAVIEZ-VOUS QUE?

• Depuis les années 90, les activités culturelles se sont diversifiées autant que multipliées. Comme le mentionne l’auteur Simon Brault dans son Facteur C, « l’étiquetage des produits culturels tient ainsi de moins en moins la route ». On est dans l’art fusion, dans le spectacle multimédia, dans la danse-théâtre ou dans le cirque théâtral. Ainsi, il est de plus en plus difficile de tracer la ligne entre ce qui est populaire et ce qu’il ne l’est pas.