La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Le financement des athlètes canadiens

Contexte :

Le Canada ne sera pas couronné champion des Jeux olympiques de Vancouver. Les Canadiens croyaient pourtant aller «Plus vite, plus haut, plus fort» grâce au programme «À nous le podium».

Le Comité olympique canadien débordait d’optimisme et avait fixé la barre haute. Malgré un budget record, les athlètes canadiens ont souvent raté les marches du podium.

Faut-il plus d’argent pour recueillir davantage d’or?

Date de l'émission :

26 février 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• Avec le programme À nous le podium, le Canada a investi plus de 110 millions de dollars pour soutenir ses athlètes. Le pays souhaitait ainsi terminer premier au classement des médailles. L’objectif s’efface toutefois derrière la triste réalité puisque les Canadiens traînent de la patte loin derrière le poids lourd américain.

• Lors des derniers jeux de Turin, le Canada avait investi 5 fois moins d’argent, mais avait néanmoins récolté 24 médailles. Ils étaient ainsi arrivés bon 3es après les États-Unis et l’Allemagne.

• Devant les résultats mitigés de Vancouver, il est fort à parier que les contribuables canadiens voient d’un mauvais œil un réinvestissement similaire du gouvernement fédéral lors des prochains jeux.

DU POUR, DU CONTRE

LES INVESTISSEMENTS FONT LA DIFFÉRENCE
- Il faut assurer la pérennité du soutien aux athlètes canadiens.

- Exit la logique comptable et capitaliste. Le fait de chiffrer en médailles l’investissement est une erreur. Il faut investir parce qu’on croit en nos athlètes, à l’importance du sport, à l’idéal olympique, à nos ambassadeurs sportifs.

- Il faut reconnaître que terminer au pied du podium n’est pas une défaite et que les sous invertis via le programme À nous le podium ont engendré des 4e, 5e, 6e places. Qui va dire qu’être le 6e au classement mondial est un échec?

- Un athlète, ça se forme sur plusieurs années. On ne peut s’attendre à des résultats tangibles qu’au terme d’un programme de 5 ans.

ARGENT N'ÉGALE PAS PERFORMANCES
- L’attitude victorieuse, plus que les millions, est une première étape précieuse vers plus de réussites.

- Plutôt que d’entretenir un discours capitaliste sur les Jeux olympiques, peut-être faudrait-il aborder cette parenthèse sportive pour revoir nos priorités. Les Canadiens auraient tout avantage à encourager l’activité physique pour améliorer la santé des jeunes.

- L’exemple de Turin montre que les médailles et les victoires ne s’achètent pas à coup de millions. Alors que pour Turin, le Canada avait investi 5 fois moins, il avait alors raflé 24 médailles.

- Si les hockeyeurs ne manquent ni d’argent, ni d’équipement, c’est qu’on les aime, on les soutient et on est toujours au rendez-vous pour suivre leurs prouesses. Il n’en va pas ainsi avec tous les sportifs canadiens de haut niveau.

ILS ONT DIT

• « Nous observons des athlètes qui arrivent ici et qui seront, de toute évidence, insatisfaits avec une médaille de bronze, de sorte qu'ils se poussent au maximum pour arriver au sommet. Nous avons ainsi obtenu un plus grand pourcentage de médailles d'or, mais aussi de spectaculaires déceptions. »
Chris Rudge, chef du Comité Olympique Canadien

• « Ce n'est pas parce que le Canada vient de remédier à des décennies de négligence que les médailles vont se mettre à pleuvoir. »
Ronald King, La Presse