La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Hausser les frais de scolarité?

Contexte :

La santé financière des universités québécoises inquiètent d’anciens politiciens et leurs acolytes. Et ils suggèrent de hausser fortement les frais de scolarité des étudiants.

Le Québec est l’endroit idéal pour étudier à bas prix. Mais même si les portes du savoir sont grandes ouvertes, les Québécois sont moins nombreux sur les bancs des universités que la plupart des autres Canadiens.

Notre modèle d’accès à l’université mérite-t-il la note de passage?

Date de l'émission :

5 mars 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• Seize personnalités publiques dont l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, membres du Pacte pour le financement concurrentiel de nos universités proposent un déplafonnement des droits de scolarité à partir de 2012.

• Ils réclament une hausse des frais de scolarité sur trois ans pour rejoindre la moyenne canadienne.

• Ces hausses tiendraient compte du secteur dans lequel le jeune étudie.

• Par exemple, une formation en médecine pourrait subir une augmentation de 10 000 $ à 12 000 $ par année alors que 85 % des étudiants auraient en moyenne une augmentation de 2200 $ par année.

DU POUR, DU CONTRE

LE MODÈLE QUÉBÉCOIS TIENT LA ROUTE
- Le modèle québécois tient parfaitement la route. Il permet l’accessibilité à tous, peu importe le milieu d’où proviennent les étudiants.

- En 1980, les étudiants déboursaient 13 % du coût réel de leur éducation, alors qu’aujourd’hui c’est 34 %. De plus, la dette moyenne d’un nouveau diplômé a triplé depuis les années 1990. Il faut donc cesser de penser que les étudiants ne paient pas le juste prix.

- Selon trois anciens présidents de la CADEUL (Association des étudiants de l’Université Laval), c’est par l’impôt sur le revenu que les diplômés paient, après leurs études, le coût de leur formation.

LE MODÈLE QUÉBÉCOIS NE TIENT PAS LA ROUTE
- Selon Lisa-Marie Gervais du journal Le Devoir, il semble exister un consensus sur la pénurie de ressources dans le milieu universitaire. « Et quel qu’il soit, le manque à gagner devra être financé. » Certaines personnes qui croyaient même à la gratuité des universités se résignent maintenant à voir les frais augmenter étant donné l’état des finances de celles-ci.

- Pour Joseph Facal, comme une formation universitaire est un investissement sur soi, cet effort doit logiquement être fait par ceux qui encaisseront le retour sur cet investissement pendant toute leur vie future : les étudiants.

- Selon Lysiane Gagnon si seulement le gel des frais avait fait augmenter le niveau de scolarité au Québec! « Mais au contraire, le Québec, où l’université coûte trois fois moins cher qu’ailleurs au Canada, est la province où le taux de scolarisation est le plus bas! »

ILS ONT DIT

• « Le Québec a mal à ses universités. Le mal n’est pas incurable, mais il est chronique. C’est pourquoi nous incitons fortement les Québécois à s’engager en faveur de nos universités. Il faut leur assurer la santé financière nécessaire. »
Lucien Bouchard

• « Le dispositif américain d’éducation supérieure, qu’évoquent comme modèle nos lucides de droite et qui est entièrement fondé sur les idées qu’ils avancent, se révèle non seulement incapable d’améliorer la mobilité sociale, mais il cristallise au contraire les différences socio-économiques. »
Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec