La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Comment intégrer les immigrants?

Contexte :

Le visage du Canada sera beaucoup plus métissé dans 20 ans. Une récente étude de Statistique Canada révèle que plus du tiers des citoyens seront nés à l’étranger.

L’intégration des immigrants est un défi pour toutes les nations. Les États-Unis se sont rendus célèbres avec leur fameux « melting pot ». Et le Canada ne jure que par le multiculturalisme.

Quel modèle d’intégration désirez-vous pour le Québec?

Date de l'émission :

19 mars 2010

Condensé de recherche :

LES DIFFÉRENTS MODÈLES D'INTÉGRATION

Le multiculturalisme canadien : Dans le multiculturalisme canadien, selon la définition de Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin, on favorise la coexistence de groupes aux identités culturelles, ethniques ou religieuses bien déterminées dont on espère que l’intégration à la société s’effectuera non pas par la participation à un monde commun déjà constitué, mais par leur adhésion à une éthique de la cohabitation pacifique des différences.

L’intégration républicaine à la française : Selon Eric Taïed dans scienceshumaines.com, le modèle français d'intégration est lié à une conception originale et forte de la République et de la Nation. « En France, le projet républicain est assimilateur et universaliste. L'assimilation a pour objectif de maintenir un socle commun nécessaire à toute cohésion sociale et nationale. », comme le disait Emile Durkheim.

Le melting-pot américain : Ce terme particulier a été utilisé pour décrire la tentative de politique d’assimilation de millions d’immigrés d’origines diverses aux États-Unis. Maintenant, les politiciens et les journalistes utilisent plus facilement l’expression « salad bowl », qui insiste sur le caractère mutuellement complémentaire de ses différentes communautés ethniques : la plupart des groupes ethniques des États-Unis conservent leur identité culturelle en même temps qu’ils s’insèrent dans la mosaïque sociale.

SAVIEZ-VOUS QUE?

• Le recensement de 2006 a dénombré 851 560 personnes immigrées, soit 11,5 % de la population totale au Québec, la proportion la plus forte jamais constatée dans l’histoire de la province.

• La région métropolitaine de Montréal continue de regrouper la grande majorité des immigrants résidant au Québec, soit 87 %, tandis que 3 % d’entre eux s’installent à Québec, 2,7 % à Gatineau et 1,2 % à Sherbrooke.

• Au Canada, en 2031, entre 25 % et 28 % de la population pourrait être née à l’étranger, ce qui dépasserait la proportion de 22 % observée entre 1911 et 1931, la plus élevée au cours du XXe siècle.

ILS ONT DIT

• « Il y a une sorte de caricature qui plane sur la notion de multiculturalisme à la canadienne. On dit aux immigrants : On sait que c’est un trauma, en quelque sorte, de changer de culture; au Canada, on vous permet de le faire en douceur, en maintenant certains aspects de vos cultures d’origine, mais bien entendu en vous intégrant aux valeurs de la société, aux valeurs des chartes, etc. »
Daniel Weinstock, professeur de philosophie

• « Vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose de scoute dans le multiculturalisme canadien? On attache tout ça avec des bouts de ficelle, on patente des accommodements… Surtout, surtout ne rien couler dans le béton des lois. Cela donne un pays paradoxal, naïf et prétentieux à la fois éparpillé. »
Joseph Facal, ex-ministre péquiste des Affaires intergouvernementales