La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Le droit à l’enfant

Contexte :

Le Québec a accouché d’un autre programme avant-gardiste en Amérique du Nord. Les femmes qui ne peuvent pas concevoir d’enfants de façon naturelle auront maintenant accès gratuitement à trois cycles de fécondation assistée.

Chaque tentative coûtera près de $15 000 aux contribuables. Si certains prônent ce droit à l’enfant, d’autres prêchent plutôt pour l’adoption.

Le droit à l’enfant existe-t-il?

Date de l'émission :

26 mars 2010

Condensé de recherche :

DU POUR, DU CONTRE

LE DROIT À L'ENFANT EXISTE

- Le gouvernement paie déjà la note pour les avortements, les vasectomies, la ligature des trompes, etc. On paie pour enlever la vie. Pourquoi donc s’opposer à payer pour engendrer la vie?

- Avec la nouvelle politique provinciale, on permet de restreindre les risques liés aux traitements de fertilité en limitant les embryons implantés.

- Si le système de santé québécois est en crise, ce n’est certes pas une question de sous! Près de 50 % du budget provincial est consacré à la santé. Alors, payer pour la vie, ce n’est pas un luxe.

- Réaliser un rêve de couple. Engendrer l’amour. Avoir un enfant n’est pas un caprice. C’est un désir naturel et la raison pour laquelle nous sommes sur terre.

- L’association des obstétriciens et gynécologues du Québec reconnaît l’infertilité comme une maladie et l’in vitro comme un acte médical.

- Au Québec, nous sommes aux prises avec un grave problème de dénatalité et une population vieillissante.

LE DROIT À L'ENFANT N'EXISTE PAS

- La Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) s’est opposée à l’initiative du gouvernement Charest. Pour la Commission, le droit à l’enfant est un concept inexistant et c’est une erreur d’ajouter ces services au panier de la RAMQ.

- On veut toujours avoir le contrôle sur tout, tout le temps. Mais tout n’est pas productible ou reproductible.

- Actuellement, les ressources en santé sont non seulement limitées, elles sont insuffisantes. Pourquoi en ajouter!

- Un traitement engendre un taux de réussite gravitant autour de 15 %. Trois traitements amènent un taux de réussite de 45 %. C’est beaucoup de frais pour peu de résultats.

- Ne peut-on pas croire qu’en payant, les couples se responsabilisent davantage de leur initiative et prennent d’autant plus conscience des taux de réussites aléatoires et des risques implicites à de telles démarches?

- De nombreux enfants n’ont pas de familles pour les accueillir. Pourquoi ne pas mettre sur pied des politiques incitatives pour privilégier l’adoption?

ILS ONT DIT

« Les urgences débordent, des chirurgies majeures sont retardées, les lits destinés aux soins curatifs sont occupés par des vieillards en attente d'hébergement, la prévention ne se fait pas à cause de la pénurie de médecins de famille, les hôpitaux, sales et vétustes, se dégradent, on souffre partout d'un manque tragique d'infirmières, les médecins perdent la main parce qu'ils n'opèrent pas assez, le Québec risque de perdre ses meilleurs spécialistes... »
Lysiane Gagnon, la Presse.

« Avoir un enfant est un droit, et l'État doit tout mettre en oeuvre pour aider les couples à combler leur désir d'enfant. »
Jean Charest, premier ministre du Québec.