La joute (d'après le concept Piramida)
Avec Stéphan Bureau

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Comment aider Haïti?

Contexte :

Le tremblement de terre en Haïti n’a pas fait que des milliers de morts. Le gouvernement haïtien s’est aussi écroulé comme le Palais présidentiel de Port-au-Prince.

La gestion de l’aide internationale est un véritable casse-tête. Pour éviter le gaspillage et la corruption, des économistes suggèrent de mettre Haïti sous la tutelle d’un autre pays pendant quelques années.

Un tuteur peut-il aider le peuple haïtien?

Date de l'émission :

26 mars 2010

Condensé de recherche :

LES FAITS

• À l’heure de la reconstruction d’Haïti à la suite du tragique tremblement de terre survenu en janvier dernier, plusieurs ont lancé l’idée qu’une tutelle internationale sur Haïti soit nécessaire pour sa survie d’aujourd’hui et sa reconstruction durable de demain.

• Thomas Moore, un ancien conseiller politique de Ronald Reagan, maintenant économiste à l’Institut Hoover - un centre de recherche de l’Université Standford en Californie - pense même que le Canada devrait se voir remettre les rênes du pouvoir politique en Haïti et administrer le pays pour les 10 à 20 prochaines années.

• Selon M. Moore, cette solution rassurerait les pays donataires qui redoutent que les fonds soient siphonnés par les pouvoirs politiques.

• En revanche, le président français Nicolas Sarkozy rejette totalement l'idée. Pour lui, c'est d'abord aux Haïtiens de définir un projet national et ensuite de le conduire. « C'est de leur pays et de leur avenir qu'il s'agit », affirme-t-il.

DU POUR, DU CONTRE

OUI
- Il faut être naïf ou inconscient pour croire qu’Haïti peut se reconstruire seul, sans tutelle… après 200 ans d’histoire qui démontre que le pays n’est pas capable de se gouverner.

- Haïti n’a jamais pu avoir de stabilité politique à long terme, surtout depuis la chute de Duvalier. Le parlement est affaibli par la corruption et l’interventionnisme des Occidentaux ce qui conduit à un manque flagrant de leadership. Voilà une situation qui empêche toute possibilité de progrès économique.

NON
- Haïti doit apprendre à se responsabiliser. Des tremblements de terre, il y en aura d’autres. Des ouragans aussi.

- Les Haïtiens doivent apprendre à compter sur eux-mêmes. C’est la seule solution à long terme.

SAVIEZ-VOUS QUE?

• Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,0 sur l'échelle de Richter frappe l'ouest d'Haïti et notamment sa capitale, Port-au-Prince. Il est suivi de plus d'une centaine de répliques.

• La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) fut également dévastée par l'écroulement de son quartier général à Port-au-Prince : plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus.

• Le bilan de ce cataclysme sismique s'élève, au 24 février 2010, à plus de 222 500 morts, 300 000 blessés et 1 000 000 de sans-abri.

• Les États-Unis ont dépêché sur place 16 000 militaires, l'Union européenne 1 500.

• Le 22 janvier 2010, un effort « mondial » (mobilisant notamment le Canada, les États-Unis, la France…) est consenti afin de recueillir plus d'un milliard de dollars dans un fonds d'aide.

• Les experts de la Banque interaméricaine de développement ont établi des estimations qui vont de huit à 14 milliards de dollars US pour la reconstruction d’Haïti.

• Les besoins d'Haïti sont évalués à 11,5 milliards de dollars sur trois ans, selon un plan présenté le 16 mars dernier par le gouvernement haïtien.